Le 17e siècle est le
siècle classique. On imite les Anciens (les auteurs de l'Antiquité
grecque tout en utilisant pour les moeurs et les caractères
les qualités françaises du 17e siècle. L'Académie
française commence déjà à agir comme juge suprême du goût et du style
raffinés et subtils.
Le classicisme est avant tout un art qui impose au réel une unité
intellectuelle qui reflète l'ordre, la hiérarchie claire de la
société, la grandeur de la monarchie, voire de Louis XIV, du Roi Soleil, et l'intellectualité
des couches supérieures de la société. Cette domination de la vie
culturelle reflète exactement l'absolutisme du système politique et sociale.
Le classicisme suit une théorie élaborée contenant des règles
stylistiques, morales et
pédagogiques. Une pièce de théâtre par exemple doit être écrite
selon des règles pour la forme - l'unité de temps, de lieu, de
l'action, un héritage de l'Antiquité - , pour la morale - la
littérature du 17e siècle veut avant tout instruire en
montrant les conséquences d'une attitude ou d'un défaut de caractère
dans les couleurs les plus sombres. La catharsis est l'arme moralisatrice
des écrivains du 17e siècle.
Les auteurs du 17e siècles dépendent largement de
mécènes, nobles riches au début, plus tard Louis XIV qui paie les
grands auteurs. Vu l'analphabétisme énorme et une technique
d'imprimerie très chère, un auteur ne peut subsister de la vente des
ses livres. Logique donc qu'on ne trouve quasiment aucune trace
d'une critique contre le roi ou le système absolu dans les oeuvres
du 17e siècle.
La
cour royale à Versailles est le pôle de la vie sociale. Elle impose à la
société, à la littérature et aux moeurs ses règles. Ce sont le
Clergé, les collèges jésuites, la noblesse et la haute bourgeoisie qui participent à cette
civilisation, tandis que les masses rurales vivent dans l'ignorance
et dans une extrême misère. L'idéal de cette société est l'honnête homme. Il appartient à
la haute bourgeoisie que le Roi favorise. Il est raisonnable, sait
parler de tout sans être expert de tout, est modéré dans son
caractère et exprime le sens commun de l'époque. Il y a dans toutes
les oeuvres classiques un honnête homme qui contrebalance le
protagoniste démesuré.
L'honnête homme achète une charge royale, moyen splendide du Roi
pour financer sa vie coûteuse, et appartient donc à cette
nouvelle classe appelée ' la noblesse de robe'. Une charge royale symbolise pour un honnête homme
l'ascension sociale, il peut jouir d'un peu de noblesse. La haute
bourgeoisie est devenue un facteur économique important dans la
nation. En s'engageant dans le commerce, facilité par les progrès
des moyens de transport (Louis XIV a fait construire un réseau de
canaux) et dans le monde juridique, cette couche devient peu à peu
plus importante économiquement que la noblesse qui se détériore dans la
négligence des affaires, qui ne travaille quasiment pas et qui
s'endette malgré le fait qu'ils jouissent de beaucoup de privilèges
(chasse, impôts).